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De retour de la sesshin

Voici quelques photos de la sangha du dojo zen de Mons de retour de la sesshin qui s'est tenue du 11 au 13 mars 2011 à Maredsous.

Ca n'a pas toujours été facile ( aïe les genoux ;-) ) mais je pense que la conviction de chacun à s'engager sur la voie a été renforcée. Merci à toutes et à tous.

 
Atelier couture suite

Voici les photos de nos amis de la sangha qui participent aussi aux ateliers couture organisés le mardi au dojo de Bruxelles.

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Atelier couture

Nos amis de la sangha de Bruxelles nous ont accueillis ce dimanche 23 janvier pour un atelier couture.

Nous les remercions grandement pour leur accueil.

Voici quelques photos.

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Notre Forum

Aujourd'hui nous avons le plaisir de mettre en ligne notre forum.

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Comment devenir rédacteur ?

Pour aider les futurs rédacteurs, je vais commencer par expliquer comment devenir rédacteur.

 

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Les mondo sont des dialogues entre le disciple et le maître qui ont lieu après un zazen.

Voici un mondo de Maître Roland Yuno Rech :

Question : Pourrais-tu m’expliquer la différence entre "ego" et "égoïsme" ? Parce que pour moi c’est la même chose. J’en avais parlé avec quelqu’un du dojo, mais ce n’est pas rentré dans ma tête.

Yuno Rech : L’égoïsme c’est l’attitude de quelqu’un qui est trop attaché à son propre ego. C’est la conséquence du fait de croire à la réalité de son propre ego et de considérer que cette réalité est la chose la plus importante et c’est pourquoi on développe toute une attitude égoïste. L’égoïsme c’est une manière de fonctionner et l’ego c’est une croyance. C’est la croyance qui est la cause de l’égoïsme. Si on voit que notre ego n’a pas de substance, que notre existence au fond est sans séparation d’avec tous les êtres, alors la cause de l’égoïsme peut être tranchée. L’égoïsme est une conséquence d’une illusion. C’est pour ça que l’essentiel du Dharma de Bouddha c’est de se comprendre soi-même, comprendre que cette construction de notre ego est illusoire et à ce moment-là il n’y a plus besoin de se battre entre l’égoïsme comme quelque chose qui est mal, qui est réprimé, avec des règles etc. On s’éveille à la véritable nature de ce que l’on croit être notre ego, mais elle est complètement au-delà de notre ego et à ce moment-là il y a moins de causes pour être égoïste. Bien sûr il y a toujours de vieilles habitudes, des conditionnements qui restent, mais la racine est tranchée. D’accord ?

Qu. : L’égoïsme c’est tirer tout vers soi.

Y.R. : Non, ce n’est pas seulement tirer tout vers soi, c’est aussi vouloir tuer quelqu’un. C’est à la fois l’avidité, mais c’est aussi la haine. Tout ce qui dérange mon ego, je veux que ça disparaisse. C’est dans les deux sens, pas seulement l’avidité, l’égoïsme n’est pas seulement l’avidité. Bien sûr vouloir obtenir tout ce que l’on pense satisfaire notre ego, c’est aussi détruire tout ce qui le dérange, détruire ou écarter, éliminer. Il suffit d’ailleurs d’être assis cinq minutes en zazen et de voir notre esprit fonctionner pour voir comment ça marche, l’esprit qui est toujours à vouloir saisir quelque chose, ou à écarter quelque chose. Toujours avec des préférences, des choix : j’aime, je n’aime pas, je veux, je ne veux pas, tout ce mécanisme c’est le fonctionnement de l’ego. C’est le résultat de s’identifier à un ego et c’est ça qu’il faut éclairer, pour voir, alors même si ça continue d’exister ça a beaucoup moins de force, si on voit l’illusion. Si elle nous poursuit on peut laisser tomber plus facilement.

Qu. : … dès qu’on s’en aperçoit …

Y.R. : Oui, mais il faut être très vigilant parce que ça va très vite. Question : J’ai une question qui concerne l’intégrité du corps humain : comment faut-il se comporter si on veut donner des organes après la mort ? Est-ce que le corps a besoin d’un certain temps après la mort pour mourir et à cause de ça est-ce bien de donner des organes pour d’autres personnes, puisqu’il y a des organes qui sont pris quelques heures seulement après la mort.

Yuno Rech : Evidemment si on donne un organe, cet organe doit être en bon état, c’est-à-dire doit être vivant. Alors s’il faut attendre que le corps pourrisse pour donner des organes il n’y a plus rien à donner. Donc je pense que si on veut vraiment donner il faut abandonner son égoïsme, son attachement à ses organes et qu’il faut donner quand ils peuvent encore servir, c’est-à-dire dès que la mort est constatée, tout de suite. Si vous voulez donner des organes ne perdez pas de temps s’il vous plait. Il y a un attachement égoïste qui de toutes façons ne va pas continuer et si on s’y attache trop longtemps il va être carrément perdu pour tout le monde. Voilà, c’est mon avis, mais je ne veux pas t’imposer ce point de vue. Moi je n’aurais aucune hésitation par rapport à cela, d’ailleurs ça me fait penser qu’il faut que j’écrive une lettre qu’il faut avoir sur soi comme ça les gens peuvent en disposer librement.

Question : Peux-tu expliquer un peu la relation entre maître et disciple ?

Yuno Rech : Bien sûr, mais j’en ai déjà parlé dans le mondo précédent, tu n’as pas entendu ?

Qu. : Je n’ai pas bien compris, alors…

Y. R. : Quand Bouddha était sur le point de mourir, Ananda lui demanda : « Quand vous ne serez plus là, qui sera notre maître ? » Bouddha avait répondu : « Le Dharma doit être votre maître, il faut suivre le Dharma, il faut suivre mon enseignement. » Je crois que c’est la réponse de base. Le problème, c’est que Bouddha est mort depuis 2500 ans et son enseignement a fait l’objet de toutes sortes d’interprétations. Et si on se contente de pratiquer tout seul, sans maître, sans être guidé dans sa pratique, surtout avec tous nos propres conditionnements karmiques, il y a de grands risques pour que l’on déforme l’enseignement, pour l’accommoder à ce qui arrange notre propre ego et éviter ce qui peut nous déranger. A ce moment-là, la vertu libératrice du Dharma de Bouddha, son enseignement, risque d’être perdue. On risque alors de se prendre pour maître, prendre son propre ego comme maître, ce qui est très dangereux. Mais d’un autre côté, personne d’autre que vous ne pourra réaliser la pratique et l’éveil. Tout cela montre le sens et les limites du rôle du maître. L’important, ce n’est pas le maître, c’est le Dharma. L’important, c’est ce que vous pouvez réaliser vous-mêmes et le maître ne peut pas le réaliser à votre place. Deux grandes limites du pouvoir du maître. Et heureusement qu’il y a ces limites, c’est fondamental. Donc, dans ces limites, le maître est un guide, qui aide les disciples à réaliser le Dharma, en ayant une pratique juste, en étant encouragé dans cette pratique. Et comme c’est une pratique difficile, parce que c’est une pratique du lâcher prise, et que tout en nous résiste à ça, tous nos conditionnements résistent, sont opposés à ça, on a bien besoin de l’aide de quelqu’un d’autre plus expérimenté, sur le chemin, pour ne pas se décourager, pour ne pas arrêter. C’est la fonction du maître.

Qu. : Je pensais plutôt à la relation i shin den shin, j’aurais voulu savoir ce que c’est.

Y.R. : I shin den shin, cela veut dire au-delà des mots. C’est une relation de confiance intime entre deux personnes, qui ne s’explique pas. Surtout, le shin de I shin den shin — qui veut dire de mon âme à ton âme, de mon cœur à ton cœur, de mon esprit à ton esprit — cet esprit, ce n’est pas l’esprit de l’ego, l’esprit ordinaire. C’est l’esprit de zazen, c’est l’esprit qui s’abandonne lui-même, l’esprit insaisissable. Donc i shin den shin, au fond, c’est une communion dans cette expérience commune de l’esprit insaisissable, dans le zazen, dans le dojo. Quand on partage cela dans une pratique commune, cela crée une très grande intimité. C’est-à-dire que l’on peut communier dans l’essentiel. C’est cela i shin den shin. Parfois des gens se trompent un petit peu, en pensant qu’i shin den shin veut dire penser la même chose au même moment, le maître qui devine ma pensée. Ce sont des phénomènes qui surgissent parfois mais ce n’est pas l’essentiel. L’essentiel, c’est de réaliser le véritable shin (esprit, cœur, essence), dans la pratique de chacun, ensemble. Cela nécessite de se rencontrer fréquemment et de pratiquer ensemble. Un autre aspect évidemment important, c’est que si vous avez des doutes là-dessus, il ne faut pas hésiter à questionner votre maître, de manière à approfondir votre expérience. Dans le bouddhisme, la foi n’est pas une croyance aveugle, c’est une croyance qui est confrontée constamment avec l’expérience. C’est cette expérience que dans la relation de maître à disciple, on s’efforce d’approfondir ensemble.

Mis à jour (Dimanche, 02 Janvier 2011 19:32)