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De retour de la sesshin

Voici quelques photos de la sangha du dojo zen de Mons de retour de la sesshin qui s'est tenue du 11 au 13 mars 2011 à Maredsous.

Ca n'a pas toujours été facile ( aïe les genoux ;-) ) mais je pense que la conviction de chacun à s'engager sur la voie a été renforcée. Merci à toutes et à tous.

 
Atelier couture suite

Voici les photos de nos amis de la sangha qui participent aussi aux ateliers couture organisés le mardi au dojo de Bruxelles.

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Atelier couture

Nos amis de la sangha de Bruxelles nous ont accueillis ce dimanche 23 janvier pour un atelier couture.

Nous les remercions grandement pour leur accueil.

Voici quelques photos.

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Notre Forum

Aujourd'hui nous avons le plaisir de mettre en ligne notre forum.

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Comment devenir rédacteur ?

Pour aider les futurs rédacteurs, je vais commencer par expliquer comment devenir rédacteur.

 

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Taisen Deshimaru, La pratique du zen, zen mons
Éd. Albin Michel,
Coll. « Spiritualités vivantes », 2005,
ISBN : 2226012877

À la source du zen occidental.

Ce beau livre publié par Albin Michel dans la collection « Spiritualités vivantes » regroupe l’ouvrage La pratique du zen, publié pour la première fois en 1974, et deux Textes sacrés du zen (le Hokyo Zan Mai et le San Do Kai) commentés par Taisen Deshimaru. « Sensei », comme l’appelaient respectueusement ses disciples, est venu en France en 1967, envoyé par son maître Kodo Sawaki pour transplanter la graine du zen dans un terreau neuf. En lisant ces textes de base de Maître Deshimaru, le lecteur s’abreuve donc à la source même du zen occidental.

La pratique du zen propose d’abord une description de zazen, posture, respiration, attitude de l’esprit. Pour Maître Deshimaru, en effet, « Le zen, c’est zazen. »

S’ensuivent une série de réflexions, poèmes, aphorismes, « koans » (ces célèbres énigmes par lesquelles certains maîtres zen tentaient d’amener leurs disciples à une prise de conscience) ainsi que des extraits de « mondos » (des séances de questions – réponses entre disciples et maître).

Dans l’introduction de son ouvrage Taisen Deshimaru écrit : « On raconte qu’aux Etats-Unis, on pouvait lire sur le fronton d’une académie rationaliste : "Dieu est mort", signé : Nietzsche. Un matin, on découvrit, sous la devise, cette phrase, écrite à la peinture indélébile durant la nuit : " Nietzsche est mort", signé : Dieu. »
Un Dieu que Taisen Deshimaru définit ensuite comme l’ordre primordial, la vérité cosmique, l’énergie fondamentale de l’univers. Je me souviens d’un livre que j’avais beaucoup apprécié à la même époque, La faim du tigre, de Barjavel (tiens, la biographie de Taisen Deshimaru s’intitule Le rire du tigre). Barjavel indiquait que le principe de base de l’univers était l’équilibre. Et que l’homme était le premier être à pouvoir bouleverser cet équilibre au point de posséder l’arme de son autodestruction. Deshimaru exprime la même crainte, le même constat pessimiste sans doute marqué par le climat de la guerre froide. Barjavel, lui aussi, propose – faute d’un autre – le nom usé de Dieu pour désigner le principe fondateur, la source et le garant de l’équilibre universel.

« Zanshin est l’esprit qui demeure, sans s’attacher, l’esprit qui reste vigilant. » Être à ce que l’on fait, toujours. Adopter le mouvement juste. Ne pas précipiter, ne pas bâcler. À chaque instant, vouloir le geste parfait. Y compris le geste social, le geste mental, le geste verbal. « Rester attentif à ce que l’on peut être appelé à faire instantanément. » Par la concentration, certes, mais aussi l’efficacité due à la répétition, à la préparation.

« Pendant zazen, la douleur est plus efficace que l’extase. La meilleure concentration se découvre avec la douleur, quand on est fatigué, que l’on a envie de partir. » Vaincre cette douleur, une forme de stoïcisme dans le zen ?

On trouve aussi dans La pratique du zen plusieurs contes classiques comme l’histoire de ce samouraï qui avait pêché un poisson. Un chat passe et le lui vole. Fou de rage, il poursuit le chat et le tue. Immédiatement pris de remords à l’idée d’avoir tué une créature vivante, il croit entendre partout des « miaou » : dans le vent, dans les branches, dans son pas, dans les bruits de son lit… Il va trouver un maître zen qui lui dit : « C’est une honte pour un samouraï de n’être pas capable de vaincre votre obsession. Une seule solution : faites-vous hara-kiri. J’abrégerai vos souffrances en vous tranchant la tête. » Le samouraï s’installe en lotus, sort son poignard, l’approche de son ventre. Alors, le moine lui dit : « Et maintenant, entendez-vous des miaous ? » « Oh, non, sûrement pas maintenant ! » gémit le samouraï. « Alors, si pas de miaou, pas besoin de hara-kiri ! » Nous sommes semblables à ce samouraï, effrayés et anxieux pour un rien. Mais les problèmes qui nous hantent n’ont pas l’importance que nous leur octroyons. Qu’est-ce qui est vraiment important quand il s’agit de mourir ? Or, il s’agit de mourir. Corps et âme. Corps et biens…

« Vous devez apprendre le demi-tour qui dirige votre lumière vers l’intérieur » dit maître Dogen. Et l’apprendre, peut-être, en désapprenant le reste. « Avancer est une affaire de quotidienneté » dit encore Dogen. Trouver le temps pour zazen malgré les affaires, malgré la vie « active ». Ou, mieux, imprégner chaque action de l’esprit de zazen. Et gommer le reste. Distinguer jouissance et joie, comme maître Taisen Deshimaru : « On peut à la rigueur parvenir à la jouissance sans acquitter le prix d’un travail rude et pénible, mais non pas à la joie, cette merveilleuse étincelle divine. Le manque de souffrance interdit l’accès au véritable bonheur. »

« Dans la vie quotidienne, s’il faut de la sagesse, il faut aussi de la folie », écrit encore maître Taisen Deshimaru. Mélange des contraires, source du vrai bonheur ; fusion intime de l’élève et du maître, de l’homme et de la femme, du satori et de l’illusion…

À la fin de La pratique du zen, Maître Deshimaru place la traduction de cinq textes traditionnels qu’il considère comme indispensables à une compréhension profonde du zen : ce sont le Hannya Shingyo, soutra de la Sagesse suprême chanté quotidiennement dans les monastères zen ; le Shin Jin Mei de maître Sozan, un texte fondateur du Ch’an (l’ancêtre chinois du zen) ; deux extraits du Shodoka, chant de l’immédiat satori de Maître Yoka Daishi ; enfin le Fukanzazenji et le Zazen Shin de Maître Dogen.

Cette édition est complétée par deux textes canoniques amplement commentés : le Hokyo Zan Mai et le San Do Kai.

Le Hokyo Zan Mai, ou Samadhi du Miroir du Trésor est le chant de la concentration en zazen. 34 soutras obscurs qui ont souvent valeur de « koans », comme le septième : « Minuit Est la véritable lumière, L’aube N’est pas claire. »

Le San Do Kai de maître Sekito (700-790) clôture ce livre : le code même du zen Soto, selon Taisen Deshimaru. Deux cent quatre-vingt-huit idéogrammes seulement, mais un résumé des cinq mille soutras du Bouddha.

San : la thèse – phénomènes, dualité (shiki). Do : l’antithèse – vacuité, identité (ku). Kai : la synthèse au sens large (fusion, interpénétration).

Il y a quelque chose de taoïste dans ce dépassement, cette voie du milieu qui abolit tous les contraires et rétablit l’unité primitive. Comprendre vraiment le San Do Kai, selon Taisen Deshimaru, c’est pratiquer la Voie avec le corps autant qu’avec l’esprit.

« Un esprit pleure et l’univers pleure. »

« Un prisonnier dans une prison, s’il réalise l’état d’Hishiryo, n’est plus un prisonnier mais un Bouddha. »

« Nous devons pratiquer zazen avec la concentration d’un dernier zazen avant notre mort. Ce zazen devient donc l’action la plus importante. Tel est le véritable zazen. » (Taisen Deshimaru) De même, écrire comme si cette phrase était la dernière avant notre mort. Et ainsi de suite pour chaque geste de la vie.

Shin Shu, pratiquant au dojo de Mons

Mis à jour (Lundi, 03 Janvier 2011 08:38)