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De retour de la sesshin

Voici quelques photos de la sangha du dojo zen de Mons de retour de la sesshin qui s'est tenue du 11 au 13 mars 2011 à Maredsous.

Ca n'a pas toujours été facile ( aïe les genoux ;-) ) mais je pense que la conviction de chacun à s'engager sur la voie a été renforcée. Merci à toutes et à tous.

 
Atelier couture suite

Voici les photos de nos amis de la sangha qui participent aussi aux ateliers couture organisés le mardi au dojo de Bruxelles.

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Atelier couture

Nos amis de la sangha de Bruxelles nous ont accueillis ce dimanche 23 janvier pour un atelier couture.

Nous les remercions grandement pour leur accueil.

Voici quelques photos.

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Notre Forum

Aujourd'hui nous avons le plaisir de mettre en ligne notre forum.

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Comment devenir rédacteur ?

Pour aider les futurs rédacteurs, je vais commencer par expliquer comment devenir rédacteur.

 

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Roland Yuno Rech, Zen, l’éveil au quotidien, zen mons
Coll. « Le souffle de l’esprit »,
Ed. Actes Sud, 1999.
ISBN 2-7427-2422-2

Dans ce tout petit livre – de poche, vraiment, à balader partout pour y puiser en toutes circonstances une phrase pastille à laisser fondre dans le cœur – Roland Rech, l’un des fils spirituels de Taisen Deshimaru, expose en termes clairs les fondements du bouddhisme zen. Je vais tenter ici de résumer la quintessence de son message en suivant pas à pas le fil de son discours.

Bouddha et nous

« Nous sommes nés, nous vivons et nous mourrons. » Et, vivant, nous souffrons. Le constat est celui que se font un jour tous les hommes. C’est celui que proclamait, au cœur de la pensée absurde, le Caligula de Camus : « Les hommes meurent et ils ne sont pas heureux. »

Quelle attitude adopter face à ce constat ? Roland Rech propose de « s’asseoir et méditer comme le fit le Bouddha ». Car, vingt-cinq siècles après lui, la méditation assise peut encore nous libérer.

Zazen

« En zazen, on s’assied sur un coussin, jambes croisées, le dos vertical. Le corps devient trait d’union entre le ciel qu’on pousse avec la tête et la terre qu’on pousse avec les genoux. »

Se concentrer sur cette posture millénaire est un moyen de « défaire les nœuds avec lesquels nous nous ligotons nous-mêmes. » Devenir soi-même Bouddha, c’est-à-dire éveillé, libéré. Libéré de la dictature du cerveau gauche, celui de la pensée rationnelle ; libéré de ce petit moi qui nous incite à saisir, à construire, à vouloir plus. Faire zazen, « c’est comme rentrer à la maison et s’asseoir en paix. » Dans cette position où l’on se concentre à chaque instant sur la posture et sur la respiration, la pensée ne saisit rien, ne rejette rien. Unifié à l’univers et à soi-même, on réalise par une pratique où l’esprit et le corps sont inséparables l’interdépendance, l’impermanence et la vacuité des phénomènes et de nous. « La conscience devient comme la surface d’un lac quand les vagues se sont apaisées. »

De la souffrance à l’éveil

Montesquieu disait dans Les lettres persanes : « Il faut pleurer les hommes à leur naissance, et non pas à leur mort. » Ce constat désabusé rejoint la prise de conscience bouddhique : « la naissance est souffrance ». Face à cette évidence, l’attitude préconisée par le zen est de se demander « ce qui est né ». Car « si nous réalisons que ce n’est pas un moi séparé qui est né, mais que tout ce qui nous constitue appartient à tout l’univers, alors nous réalisons la dimension sans naissance et sans mort de notre existence. »

La pratique de zazen nous permet de trouver en nous, seuls face au mur mais partageant la même expérience que les autres pratiquants, la conscience profonde de cette interdépendance qui nous permettra d’accepter comme le Bouddha les accepta les évidences de la maladie, de la vieillesse et de la mort. Et, par là, de vaincre la souffrance. Car « l’acceptation de cette impermanence est en soi éveil ».

Le temps d’exister

« Si le temps est la succession des événements de l’existence, l’instant présent ne devient pas l’instant suivant : chacun a un caractère unique. » Se concentrer totalement sur chaque action, à chaque instant, nous apprend à « ne pas être enchaînés au temps », à ne pas « gaspiller le précieux temps qui nous est donné ». Comme le disait Maître Dogen dans le Fukanzazengi : « Vous avez eu la chance unique de prendre forme humaine. Ne perdez pas votre temps. »

Connais-toi toi-même

Socrate avait cherché « τί έστι », (« Qu’est-ce que c’est ? »), c'est-à-dire l'essence des choses. C’est aussi l’objet du zen. Mais cette recherche n’est pas seulement intellectuelle. Elle est inséparable du corps, de la posture, de la respiration. Il s’agit de ne rien refuser de ce qui vient du corps, notamment des organes des sens ; mais également de ne pas s’attacher à ces perceptions, de les dépouiller de nos projections mentales, de « nous dépouiller de l’attachement à ce corps et nous libérer de toutes les peurs qui l’accompagnent. » A terme, « appendre à se connaître soi-même conduit à abandonner l’attachement à notre ego limité et à réaliser notre unité avec tout l’univers ».

Abandonner l’ego ?

Certes l’ego, le « moi », le « je » auquel nous avons pris l’habitude de nous identifier possède une réalité relative qui nous individualise, et c’est nécessaire. Abandonner l’ego n’est donc « pas le perdre, mais le relativiser ». Oui, « nous avons chacun notre histoire, notre karma, notre personnalité qui font de nous des êtres uniques » mais « … comme peuvent l’être les vagues à la surface de l’océan. » Il ne s’agit donc pas de renoncer à nos besoins mais d’éviter qu’ils se transforment en dépendances, en « bonnos », en illusions.

Au-delà du bien et du mal ?

Le zen ne se limite pas à la pratique de zazen, où l’esprit va « au-delà du bien et du mal ». Il comporte aussi pour la vie quotidienne une série de préceptes moraux qu’il s’agit de suivre « sans rigidité ni laxisme, en revenant à leur source qui est la réalisation de notre vraie nature. » Si nous réalisons que nous existons en unité avec tous les êtres, il devient naturel de ne pas tuer, ne pas voler, ne pas mentir, ne pas convoiter, ne pas s’intoxiquer. L’application des cinq premiers préceptes « facilite l’abandon des barrières de l’égotisme et permet l’expression de notre compassion. »

Zen et vie quotidienne

Pour beaucoup d’entre nous, le quotidien, c’est l’ennui des tâches répétitives. Chacun s’efforce d’y échapper par les loisirs, les vacances… Ce type de vision du quotidien est fondé sur la discrimination entre noble et vulgaire, ennuyeux et passionnant. Le zen abandonne ce genre d’opposition si bien que chaque action de la vie quotidienne est accomplie « sans négligence comme l’action importante du moment et non comme une corvée dont il faut se débarrasser rapidement. » Chaque lieu, chaque jour, chaque action peut devenir « l’occasion de mener une vie éveillée à l’ultime réalité qui transcende naissance et mort, soi et les autres ». Cette ultime réalité à laquelle le zen, à la suite du Bouddha, nous propose de nous éveiller.

Shin Shu, Pratiquant au dojo de Mons